Clovis Normand naît le 28 août 1830 à Hesdin, au 9 de l'actuelle rue Daniel Lereuil. Il est le fils de Clovis Joseph Normand, maître menuisier originaire de Boubers-sur-Canche, et de Philippine Sérine Dimeur, originaire de Marconne.

Après deux années d’études au petit séminaire d’Arras, il débute sa carrière professionnelle dans l’atelier de son père, puis se forme en autodidacte au métier d'architecte sur les chantiers de l'architecte diocésain Alexandre Grigny.

Clovis Normand épouse le 12 janvier 1852 Joséphine Cocu, fille de Philippe Cocu, pâtissier d’Hesdin. De cette union vont naître 6 enfants, dont malheureusement trois meurent en bas âge.

Il débute en 1856 par la reconstruction de la nef de l’église du Fresnoy et l’ajout de deux ailes au château d’Ecquemicourt. Il est l’architecte de la ville de Saint-Pierre-lès-Calais entre 1860 et 1862. Il se fixe ensuite définitivement à Hesdin.

À la suite du décès de son mentor Alexandre Grigny en 1867, Clovis Normand se positionne comme son successeur dans le diocèse d’Arras. Il y parvient dès 1869 en remportant le premier prix du concours de l’église de Notre-Dame des Ardents à Arras.

En 50 ans, il dirige 670 chantiers. Il construit 45 églises et en rénove 75 autres, ce qui lui vaut le surnom « d’architecte des églises ».Toutefois, il ne faut pas oublier qu’il a construit une dizaine de châteaux (Airon-Saint-Vaast, Quiestède, Rebreuve-sur-Canche), une cinquantaine d’écoles et de mairies ainsi que quelques maisons particulières aux façades richement décorées (à Hesdin, Berck ou encore Wimereux).

Parmi ses œuvres majeures, on peut citer la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Montreuil, la chartreuse Notre-Dame-des-Prés de Neuville-sous-Montreuil, les églises de Campagne-lès-Hesdin ou d’Hallines. Pour l’anecdote, il a présenté un projet pour la construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

On note dans son style une prédominance pour le néo-gothique même s’il s’est parfois tourné vers le néo-roman. Clovis Normand a souvent recours au modèle médiéval dans un souci de rationalité. L’usage qu’il fait de la brique ou de la pierre dépend fréquemment des crédits qui lui ont été alloués pour l’exécution des chantiers.

Malgré de nombreux déplacements professionnels, Clovis Normand demeure toute sa vie à Hesdin. Très investi dans sa commune, il est conseiller municipal du 31 août 1870 à sa mort ainsi que lieutenant des sapeurs-pompiers. Adjoint aux travaux de la ville, il assure la reconstruction du beffroi ainsi que de la chapelle de l’hospice Saint-Jean (1880) ; il fait restaurer l’église en 1887, puis l’hôtel de ville et sa bretèche en 1894 dans lequel, il aménage un magnifique théâtre à l’italienne.

Veuf le 29 avril 1907, Clovis Normand meurt le 22 juin 1909 à l’âge de 78 ans.